Publié par FN81

Dans le cochon, tout est bon, sauf le cri...
Dans le cochon, tout est bon, sauf le cri...

Sur le marché européen, déstabilisé par l’embargo russe, la Cooperl, leader en France sur le marché du porc exportant 35% de sa production annonce que l’Allemagne propose du porc moins cher de 28 centimes au kilo par rapport au cours français, et les Pays-Bas 38 centimes moins cher.

Le gouvernement a proposé un prix plancher de 1,40 euro par kilo, prix permettant tout juste aux agriculteurs français de survivre quand les agriculteurs allemands et néerlandais peuvent vivre avec un prix nettement plus bas.

Tout le monde aura aujourd’hui compris que cette solution, nécessaire pour sauver les éleveurs français en grande difficulté, est très difficilement applicable.

Les raisons de la crise...

La première raison est l’utilisation de travailleurs détachés polonais et roumains dans l’élevage allemand rémunérés à des salaires de misère très inférieurs au Smic français.
La deuxième raison est la simple utilisation de salariés locaux en Espagne à des salaires très inférieurs à ceux des Français. Dans le secteur agricole, la concurrence à l’intérieur de l’Europe est donc frontale (libre) mais faussée par les différences de salaires.

La troisième raison est l’installation d’élevages de plus en plus gigantesques qu’on pourrait qualifier d’ « élevages ultra industriels » en Allemagne et aux Pays-Bas. Ces élevages bénéficient en plus de l’effet de taille d’avantages conséquents sur les coûts car leur taille leur permet d’adjoindre à la ferme des installations de méthanisation subventionnées. Les Français sont très majoritairement opposés à ces « fermes usines » sans doute pour des raisons de goût de la viande, de craintes pour leur santé et de refus de l’instrumentalisation des animaux (à 88% selon le sondage Odoxa de Février 2015 « Les Français et les agriculteurs »[1]). Aussi, ces élevages obtiennent difficilement des autorisations d’installation en France (voir l’épisode de la ferme des mille vaches) et sont largement contestés par les populations locales.

La quatrième raison est bien sûr l’embargo russe, contrecoup des sanctions françaises approuvées par François Hollande selon la méthode du chien couché devant Washington.

Des solutions gouvernementales qui n’en sont pas. En fixant un prix plancher de 1,40 euros par kilo, on tente de sauver les éleveurs et cela est hautement louable mais les transformateurs français refusent de l’appliquer car cela risque de les tuer. Aussi, cette solution est insuffisante. En effet, si les transformateurs achètent le porc 20% plus cher qu’en Allemagne, ils ne seront plus compétitifs à l’exportation ni même sur leur marché intérieur.

Le gouvernement joue au mistigri et essaie juste de transférer la crise d’une filière à une autre. Des solutions beaucoup plus courageuses sont nécessaires pour sauver les éleveurs en grande difficulté et toute la filière de la viande porcine française.

Les choix possibles...

Pour faire face à cette crise, on devrait au moins soulager les éleveurs en obligeant les collèges et les lycées à approvisionner leurs cantines par des filières courtes. Cela ne règlera malheureusement pas tous les problèmes mais soulagerait grandement les éleveurs.

La différence entre les salaires français et les salaires espagnols, polonais et roumains finirait quand même par faire tomber l’élevage français dans le même abîme que notre presque défunte filière textile si les politiques ne veulent pas aller plus loin.

La lutte par la qualité est une autre solution mais elle ne réglera pas tous les problèmes non plus car tous les Français ne peuvent pas s’offrir aujourd’hui de la viande labellisée.

La véritable solution sera donc d’appliquer des tarifs compensatoires à nos frontières pour que ces différences de salaires soient gommées. Il s’agit là d’un exemple appliqué de protectionnisme intelligent.

Notre indépendance alimentaire est aujourd’hui menacée en même temps que la survie de nos éleveurs, il est tant qu’un gouvernement courageux se saisisse de ce sujet vital

Communiqué de Presse de Philippe Murer, Assistant Parlementaire de Marine Le Pen
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